Origine et arrivée en Nouvelle-Zélande

La question de l’origine des Maoris soulève encore des débats mais les scientifiques s’accordent sur le fait qu’ils viennent d’une île située en Polynésie Française (que les maoris nomment « Hawaiki »). Avant cela, les incertitudes commencent. il y plusieurs milliers d’années, ce peuple aurait quitté le sud-est de l’Asie pour coloniser le Pacifique en direction de l’est. A partir d’Hawaiki, les ancêtres des maoris découvrent les îles Hawai au nord, l’île de Pâques au sud-est et enfin la Nouvelle-Zélande au sud-ouest.

Après avoir traversé le Pacifique Sud en pirogues (waka), les polynésiens arrivent en Nouvelle-Zélande, terre alors vierge de toute trace humaine, aux alentours du IXème siècle.

Ils nomment cette terre Aotearoa, « la terre au long nuage blanc ». Traditionnellement, chaque maori peut retracer sa généalogie (whakapapa) jusqu’au nom de l’une des sept pirogues sur laquelle sont arrivés ses propres ancêtres.

Adaptation au nouvel environnement

L’adaptation de cette culture à son nouvel environnement fut progressive. En effet les Maoris découvrirent des terres très étendues, des paysages plus variés que ceux des îles polynésiennes, et un climat tempéré plutôt que tropical. Cette différence climatique les a conduits à changer leur mode de vie. Ils fabriquèrent des vêtements chauds et des habitations mieux isolées.

Comme le climat de l’île du Sud était trop frais, les Maoris se concentrèrent sur l’île du Nord où ils cultivèrent les plantes apportées lors de leur voyage, telle que la kumara (patate douce légèrement sucrée). Ils introduisirent aussi des mammifères (rats, chiens) sur l’archipel, qui n’en comportait alors qu’un seul, la chauve-souris.

Les Maoris travaillaient dur et, munis d’outils primitifs, ont dégagé, nettoyé et cultivé la terre. Ils pratiquaient la chasse avec ferveur. Leur principale proie était le moa, cette espèce d’autruche géante qui pouvait atteindre 3 mètres de haut. Mais sa chasse trop intensive entraîna l’extinction de l’espèce.

Malgré des variations locales, les principales formes de la culture et de la tradition maories étaient identiques dans tout l’archipel. Les tribus partageaient une langue commune malgré certaines différences de prononciation.

Les tribus vivaient dans des villages. Les maisons étaient souvent localisées près d’un pa (construction fortifiée en hauteur, où l’on stockait de la nourriture et pouvait se réfugier en cas d’attaque). Les guerres étaient en effet assez fréquentes entre les tribus, les Maoris se battant pour des questions de territoires, de revanches et de dettes. Ils pouvaient être cannibales pour humilier définitivement les perdants d’une bataille.

Mais la vie n’était pas toujours violente. La plupart des tribus s’entendaient bien entre elles, s’offraient des présents et troquaient leurs marchandises. Grâce à leurs pirogues, les Maoris se déplaçaient parfois sur de longues distances pour chasser ou faire du commerce, ce qui engendrait des échanges intertribaux importants. Par exemple, les tribus de l’île du Sud pouvaient fournir la pierre verte (néphrite ou pounamu, une des catégories de jade), utilisée pour fabriquer des armes, des outils et des parures. Celles de Bay of Plenty récoltaient l’obsidienne de l’île de Mayor. Quant aux habitants de l’actuel Nelson, ils exploitaient l’argile.

La médecine maorie rudimentaire, les guerres entre tribus et les voyages en mer périlleux expliquent leur faible espérance de vie qui ne dépassait pas la trentaine d’années.

Une société tribale

La société maorie était tribale, divisée en deux classes définies par la naissance :

L’ariki (la noblesse) et les rangatira (les chefs militaires) dont les plus connus sont :

– Te Rauparaha, grand guerrier
– Te Wherowhero, le premier roi maori. Il se nommait Potatau.
– Topeora, femme chef connue et soeur de Te Rauparaha.
Ils formaient la classe dominante et exerçaient un pouvoir très hiérarchisé sur le peuple.

Tutua : le peuple

La cellule de base était la famille (whanau), vivant sous l’autorité d’un ancien. La communauté la plus large était la tribu (iwi), issue d’une des pirogues fondatrices. La répartition des tâches quotidiennes était bien définie. La vie communautaire des villages s’organisait autour de la quête de nourriture, de la culture et de la guerre.

L’arrivée des Pakehas

Les premiers explorateurs européens qui arrivèrent en Nouvelle- Zélande, à partir de 1642 (date à laquelle Abel Tasman découvrit cet archipel), furent accueillis par des attaques maories, qui craignaient de se voir envahir par ces « pakehas » (« non maoris ») et de perdre leur territoire. La plupart des combats étaient dus à l’incompréhension entre les différentes cultures.

Parfois, la rencontre entre les explorateurs et les Maoris était amicale et ils pratiquaient le troc. C’est ainsi que les Maoris découvrirent le métal, de nouvelles plantes et animaux, les livres, les outils scientifiques modernes, les horloges, l’argent et les armes à feux. Cela changea leur façon de vivre de manière radicale.

Lorsque le célèbre explorateur James Cook retourna en Europe à la fin des années 1700, il décrivit les Maoris comme un peuple fort, brave, doué en art et fervent de combats.

Les Européens vinrent par la suite de plus en plus nombreux en Nouvelle-Zélande, d’abord attirés par la chasse aux baleines et aux otaries, très fructueuse dans ses eaux. Ils développèrent le commerce avec les Maoris et s’installèrent progressivement sur Aotearoa, « cette terre pleine de promesses où les arrivants pouvaient avoir une vie confortable », comme l’avait rapporté James Cook.

Après 1825 les missionnaires de l’église anglicane ont eu un réel succès auprès des Maoris car la Bible et les prières avaient été traduites dans leur langue. Beaucoup de Maoris se tournèrent vers le Christianisme, alors qu’ils constataient que leurs propres dieux ne les protégeaient pas des terribles maladies des Pakehas, introduites sur l’archipel avec l’arrivée des premiers Européens.

Le gouvernement anglais et la reine Queen Victoria avaient un fort attrait pour cette terre nouvelle. Ils y envoyèrent de nombreux représentants britanniques pour tenter de persuader les Maoris d’accepter l’annexion de leurs terres. Après plusieurs tentatives de persuasion, les chefs maoris signèrent, le 6 février 1840, le Traité de Waitangi. Ces derniers pensaient alors accepter la souveraineté de l’Angleterre sur la Nouvelle-Zélande en échange de garanties quant à la propriété de leurs terres. Mais le document signé était une version du document anglais très librement traduite, et qui de plus n’avait pas de valeur auprès du gouvernement britannique. Aussi, les Maoris perdirent petit à petit le pouvoir sur leurs terres et la Nouvelle-Zélande fut déclarée colonie britannique.

Cela entraîna de nombreuses guerres entre les Maoris et les Pakehas et une séparation pendant quelques temps entre les deux cultures. Puis on assista à une intégration tardive et progressive des Maoris au cours du XXe siècle dans la société des Pakehas.

Cuture et tradition

Les traditions et pratiques maories ont été transmises oralement à travers les siècles et se perpétuent encore aujourd’hui. La culture maorie et ses coutumes font toujours partie intégrante de la vie néo-zélandaise. Elle est caractérisée par des valeurs spirituelles et sociales de générosité, de partage et de service. Par exemple, le système scolaire, la politique, l’art et les affaires sociales sont tous influencés d’une certaine manière par la culture maorie. Les Pakehas utilisent couramment de nos jours des mots maoris et connaissent certaines chansons et danses.

On entend de plus en plus parler du maoritanga, le savoir-faire maori, qui couvre les structures sociales, la morale, les coutumes, les légendes, l’art et la danse.

Les Maoris pratiquent le powhiri pour accueillir quelqu’un. Cela consiste en un hongi, rituel de bienvenue où l’on presse son nez contre celui d’une autre personne, en guise de salutations. Cela correspond au mélange des souffles des deux personnes et représente l’unité. On le pratique souvent trois fois de suite : le premier contact permet de saluer la personne, le second est fait en reconnaissance des ancêtres et le troisième est une pression du nez et du front, dans le but d’honorer la vie dans ce monde.

Religion et croyances

Le tapu (sacré) avait une place centrale dans la vie maorie. Les cultures de kumara ou la naissance d’un enfant étaient, par exemple, « tapu ». Tous ceux qui ne respectaient pas le tapu pouvaient être punis par les dieux.

La religion des Maoris était complexe. Ils croyaient en plusieurs dieux et chaque divinité symbolisait un élément. L’art, la religion, la guerre, la chasse, l’amour et la mort étaient régis par le sacré.

Dans les croyances maories, les humains et les objets sont doués d’une force psychique, le mana, fondant le prestige, l’influence, l’autorité et le pouvoir psychique.

Art maori

Les Maoris ont développé un art très raffiné en travaillant le bois, l’os et la pierre.

On distingue quatre périodes dans l’art maori :

la période archaïque, du temps des premiers pionniers, descendants des navigateurs polynésiens arrivés en Nouvelle-Zélande. Leur art consistait en un travail de l’os et du bois, caractérisé par l’austérité des formes.

la période classique qui correspond au moment où les Maoris se sont

sédentarisés et ont adopté un système tribal très codifié. James Cook a pu observer l’art maori de cette époque, s’exprimant à travers l’ornement des grandes pirogues de guerre, la fabrication des armes, le tatouage, les vêtements et les parures.

la période historique qui débuta avec l’arrivée des Européens et de nouveaux objets comme les outils en métal, les armes à feu, les textiles, de nouvelles plantes, mais aussi le christianisme. Les Maoris abandonnèrent à cette époque les pas (fortifications) et les grandes pirogues de guerre, qui s‘avérèrent inutiles face aux moyens de guerre des Pakehas. Les maisons communes (marae) jouèrent un rôle accru à cette époque et devinrent les foyers de la vie sociale et de la création artistique (des tikis étaient sculptés sur les éléments de ces maisons).

la période moderne qui s’étend du XIXe à nos jours. Les dernières décennies ont vu la renaissance de la culture indigène, maoritanga, associée à une nouvelle identité sociale et de nouvelles aspirations.

On peut classer les productions artistiques en 3 catégories :

– les objets pour la communauté (pirogues de guerre)

– les objets personnels (vêtements, peignes, boîtes, broches, parures en néphrite ou de plumes, instruments de musique) qui témoignent particulièrement du raffinement de l’art maori.

– les objets religieux (bâtons sculptés – tiki wananga -, représentations des dieux de la fertilité). L’art maori servait divers buts religieux.

Durant les activités artisanales, hommes et femmes étaient séparés : tandis que les hommes travaillaient les matériaux durs, le bois, l’os et la pierre, les femmes préparaient des bandes de lin pour confectionner nattes et paniers, et des fibres de lin pour tisser des vêtements.

En effet, d’après la mythologie, les premières femmes auraient été créées par le dieu Tane avec de la terre, et l’homme serait une création spirituelle du dieu Tu. Ainsi les femmes étaient « noa » (non sacrées) et les hommes « tapu » (sacrés). C’est pourquoi les femmes étaient écartées des pratiques religieuses élevées et des arts.

La place de l’art maori était de plus associée à l’exercice du pouvoir des chefs de guerre. Ils étaient les mieux habillés et armés et ils possédaient les plus belles parures car ils portaient tout le prestige de la tribu.

Les Maoris savaient utiliser habilement des matériaux les plus divers comme les os de mammifères marins ou terrestres, d’oiseaux, d’humains, les plumes et pelages, et la pierre. Le bois joua toutefois un rôle central dans la civilisation maorie et la sculpture sur bois est l’art le plus important et le plus ancien.

La forme humaine dominante est appelée « tiki », d’après le nom du premier homme de la création. Dans la sculpture, il symbolise les ancêtres et les dieux. Le hei-tiki en néphrite est la parure maorie la plus commune. Les tiki avaient souvent les yeux bridés, des mains en forme de serres et un bec en guise de bouche.

Les Maoris représentaient aussi une figure d’homme oiseau, le « manaia » et ornaient des façades de baleines, « pakake ». Mais en général la sculpture maorie ne cherchait pas à représenter la nature de manière réaliste.

Les Maoris considéraient et considèrent toujours la néphrite, ou pounamu, ou greenstone, comme sacrée. Ce minéral rare (on ne le trouve que sur la côte Ouest de l’île du Sud) est une pierre si dure qu’elle résiste à une pointe d’acier. Le travail de cette pierre verte était donc difficile et il fallait la frotter avec une lame de grés pour la tailler. De nos jours, les artisans utilisent des diamants de lapidaires.

Tatouage – Ta moko

Ta moko était une forme d’art sophistiqué chez les maoris, provenant de la culture polynésienne. Le tatouage permettait aux individus d’affirmer leur identité sociale au sein de leur tribu. Ainsi, les Maoris de haut rang avaient le visage complètement tatoué. Seuls les enfants et les esclaves n’étaient pas tatoués. Chaque Maori avait un tatouage inédit qui correspondait à leur « signature ». Ainsi, lorsqu’on présenta le Traité de Waitangi, la plupart des chefs signèrent ce document en dessinant le tatouage qu’ils portaient.

Ta moko commençait dès la puberté et était accompagné de nombreux rites et cérémonies. Les hommes se tatouaient principalement la tête, considérée comme la partie la plus sacrée du corps, mais aussi parfois les fesses et les cuisses. Les femmes se tatouaient généralement les lèvres, le menton et parfois le front.

Pour cela, on utilisait des lames taillées dans de l’os d’oiseau ou dans le jade afin de dessiner des entailles dans la peau, puis on appliquait une préparation à base de suie qui prenait une teinte bleue, dans les plaies. Ce processus était très douloureux et la cicatrisation prenait du temps.

Danses, chants et haka

Le terme maori « haka » signifie « danse ». Il existait de nombreuses sortes de hakas à l’époque pré européenne. Il y avait des hakas de chant et de joie, de guerre et de vengeance, qu’on dansait avec ou sans armes.

On dansait le haka peruperu, avec les armes, avant de partir à la bataille, pour invoquer le dieu de la guerre et avertir l’ennemi du sort qui l’attendait. On le dansait avec des expressions féroces, des grimaces, langue tirée, yeux exorbités, grognements et cris. Il fallait danser en synchronisation totale sinon l’imparfaite coordination du groupe pouvait être signe d’un mauvais présage quant à l’issue de la bataille.

Le haka pouvait aussi être pratiqué lors des festivités ou pour souhaiter la bienvenue à un invité de marque. Autrefois le haka pouvait également être une prière adressée à l’un des dieux maoris.

Aujourd’hui c’est souvent le haka de Te Rauparaha qui accompagne les manifestations culturelles ou sportives, comme les matchs de rugby. Il est sans doute le plus connu des hakas.

La célèbre équipe nationale de rugby, les All Blacks, se donne du courage avant chaque match en effectuant un haka, sensé également effrayer ses adversaires. En voici les paroles :

Ka mate! Ka mate! Ka ora! Ka ora!
Ka mate! Ka mate! Ka ora! Ka ora!
Tenei te tangata puhuru huru
Nana nei i tiki mai, Whakawhiti te ra
A upane! Ka upane!
A upane! Ka upane!
Whiti te ra! Hi!!

Je vis ! Je vis ! Je meurs ! Je meurs !
Je vis ! Je vis ! Je meurs ! Je meurs !
Voici l’homme poilu
qui est allé chercher le soleil
et l’a fait briller à nouveau !
Le soleil brille !!

Histoire du haka :

Ce haka a été effectué la première fois vers 1820, par le guerrier Te Rauparaha, qui venait d’échapper à une tribu ennemie, le Ngati Tuwharetoa. Mais les guerriers du Ngati Tuwharetoa le cherchaient toujours et approchaient. Te Rauparaha entendait leurs incantations. Il rencontra Te Wharerangi, chef de la région Rotoaira, et lui demanda sa protection. Te Whareangi, d’abord hésitant, lui permit finalement de se cacher dans son « kumara pit », une genre de fosse où les Maoris stockaient leurs kumaras (patates douces).

La tribu ennemie se rapprochait encore et Te Rauparaha, bien que caché au fond de la fosse, était certain d’être découvert et tué. Il se répétait tout bas « je meurs, je meurs ». Mais les guerriers passèrent et ne le trouvèrent pas.

Quand il se rendit compte qu’il avait échappé à ses ennemis, il se mit à crier « Ka Ora, Ka Ora ! Je vis, je vis ! L’homme « poilu » qui est allé chercher le soleil l’a fait briller à nouveau ! Le soleil brille ». (Te Rauparaha parlait de Te Wharerangi, qui était célèbre pour son corps très velu).

Une fois sorti de la fosse, Te Rauparaha aurait dansé son haka de joie.

Le chant – waiata :

Le waiata était et est toujours très important dans la vie maorie. Il permettait, par le passé, de rendre compte à travers les siècles, de l’histoire, des légendes et des évènements de la tribu. Pendant un discours (mihi), la personne qui a la parole peut entamer un chant.

Certains waiatas ne sont chantés qu’à des occasions particulières, comme le tangi, chant funéraire. La plupart des discours sont suivis par des chants entonnés par les femmes.

 

Légendes maories

Maui et la création d’Aotearoa :

Maui était un demi-dieu vivant à Hawaiiki. Parti pêcher avec son frère, alors qu’ils voguaient en plein océan, Maui jeta son hameçon magique le long de son waka. Au bout d’un moment, il sentit une grosse prise au bout de la ligne. La traction était trop forte pour qu’il s’agisse d’un simple poisson, et Maui appela son frère à l’aide.

Après avoir beaucoup peiné et tiré, ils virent sortir Te ika a maui (le poisson de Maui), devenu l’île du Nord de la Nouvelle-Zélande. Après avoir réussi à tirer le poisson hors des flots, Maui bondit dessus et entreprit de le tuer, à l’aide de son mere (arme maorie). Les coups donnés par Maui au « poisson » sont à l’origine des nombreuses chaînes montagneuses de l’actuelle l’Ile du Nord.

L’île du Sud est la pirogue dans laquelle se trouve Maui et porte le nom de Te Waka-a-Maui, le canoé de Maui. L’île Stewart, tout en bas de la Nouvelle-Zélande, se nomme Te Puna-a-Maui (l’ancre de Maui) : c’est l’ancre qui a retenu le waka de Maui pendant qu’il tirait le poisson géant.

Hinemoa et Tutanekai :

Il était une fois un jeune et beau guerrier, Tutanekai, qui vivait sur l’île de Mokoia, sur le lac Rotorua. De l’autre côté du lac habitait Hinemoa, une jeune fille d’une incroyable beauté dont de nombreux chefs voulaient demander la main. Mais son père considérait qu’aucun n’en était digne.

Lors d’une réunion entre les différentes tribus de la région, Hinemoa et Tutanekai se virent de loin. Au premier regard, ce fut le coup de foudre.

Après la réunion, Tutanekai regagna l’île de Mokoia et passa ses jours et ses nuits à jouer de belles et tristes mélodies à la flûte, pensant sans cesse à Hinemoa. De l’autre coté du lac, la jeune fille les entendait mais ne savait pas d’où elles venaient.

Dès lors, chaque réunion tribale devint une occasion pour Hinemoa et Tutanekai de se voir. Avec le temps, ils devenaient de plus en plus amoureux l’un de l’autre. Mais le contact restait impossible…

Un jour, ils réussirent à échanger quelques mots. Le jeune garçon voulait tout de suite se marier mais Hinemoa savait que son père ne changerait pas d’avis. Tutanekai demanda alors à Hinemoa de rentrer avec lui à Mokoia, mais cette proposition effraya la jeune fille.

Tutanekai, très amoureux, n’avait pas l’intention d’abandonner. Il demanda à Hinemoa de descendre vers le lac pendant la nuit, de prendre une pirogue et de traverser le lac jusqu’à Mokoia. Hinemoa avait peur de ne pas trouver l’île alors Tutanekai lui expliqua qu’il jouerait de la flûte et qu’elle n’aurait qu’à suivre la musique. Hinemoa comprit que les belles mélodies qu’elle entendait chaque soir venaient du garçon.

Cette même nuit, alors que toute sa tribu dormait, Hinemoa descendit au bord du lac. Mais les pirogues posées sur la plage étaient loin du bord et trop lourdes pour être déplacées. Elle rentra tristement en entendant au loin la flûte de Tutanekai. Elle pleura jusqu’à ce qu’elle trouve le sommeil. La nuit suivante, elle redescendit en cachette au bord du lac. Mais cette fois encore son plan échoua.

Désespérée, Hinemoa décida que s’il n’y avait pas de pirogue la nuit suivante, elle rejoindrait l’île sur un radeau qu’elle fabriquerait elle-même. Ce qu’elle fit le lendemain avec les morceaux de bois et du lin qu’elle avait ramassés en secret pendant la journée. Entendant la flûte de Tutanekai, elle embarqua et se dirigea vers Mokoia.

Après avoir pagayé longtemps, elle s’approcha enfin de l’île. Doucement, elle se laissa glisser dans l’eau et toucha le fond. Elle avait très froid. Elle sentit alors l’eau devenir de plus en plus chaude. Tout d’un coup elle se retrouva dans un « bain » d’eau naturellement chaude.

Soulagée, Hinemoa laissa la douceur de l’eau chaude réchauffer son corps glacé. Au bout d’un moment, elle entendit un bruit, c’était son amoureux qui venait la chercher. Tutanekai l’emmena alors dans son village où ils se marièrent. Le « bain » d’eau chaude bouillonnant est connu aujourd’hui sous le nom de « Hinemoa’s Bath ». Quand on se promène sur l’île de Mokoia, on peut y tremper ses pieds.

 

Glossaire

Aotearoa : nom maori de la Nouvelle- Zélande, qui signifie « le pays du long nuage blanc ». ao (=nuage) tea (=blanc) roa (=long).

Ariki : aîné(e) d’une famille maorie importante. Chef ou prêtre.

Awa : rivière, vallée.

Haka : danse.

Hangi : repas maori cuit « à l’étouffée » dans un trou creusé dans la terre où on a préalablement posé des pierres brûlantes.

Hapu : groupement (ethnique) de même lignée.

Hongi : rituel de bienvenue entre deux personnes qui consiste à presser son nez et son front l’un contre l’autre, en guise de salutation (voir Culture et tradition).

Hui : assemblée, ou réunion.

Iwi : tribu maorie.

Kai : nourriture.

Kia ora : signe d’appréciation, de remerciement ou de salutation.

Kia ora = Que tu vives !
Kia ora! Tena koutou ! = Que vous viviez ! Vous voici tous!

Mana : prestige, autorité ou influence, puissance (autrefois, pouvoir magique).

Marae : emplacement sacré de rassemblement, traditionnellement en plein air, qui se trouve devant le bâtiment de cérémonie « whare runanga », servant à la pratique des rites traditionnels et aux réceptions officielles. Lieu traditionnel de réunion et de culte des Maoris, encore aujourd’hui.

Mere : arme de guerre en forme de massue plate, surtout en jade.

Moko : tatouage rituel sur le visage ou le corps d’un guerrier ou d’une femme, qui indiquait son rang et ses pouvoirs.

Pa : village fortifié. Autrefois, ils étaient tous situés sur les lieux les plus escarpés et les plus inaccessibles, et étaient fortifiés par plusieurs palissades élevées.

Pakeha : signifie « étranger ». Toute personne qui n’est pas maorie.

Rahui : interdiction rituelle, prohibition.

Tangata whenua : le premier peuple (ou peuple indigène) d’Aotearoa ; la tribu maorie initiale d’un endroit.

Tangi : rites funéraires traditionnels ; lamentations funéraires.

Tangihanga : cérémonie funéraire traditionnelle avec lamentations, surtout lors du repas qui suit.

Tapu : sacré, interdit.

Tena koe : terme de salutation, limité à une personne.

Tiki : pendentif taillé représentant une figure humaine distordue.

Tohunga : sorcier, prêtre ou sage ; guérisseur ; enseignant.

Utu : vengeance, représailles, compensation exigée en retour d’un affront.

Wai : eau.

Waiata : chanson, chant.

Wairua : esprit.

Waka : pirogue.

Whanau : parenté, famille étendue.

Whare : habitation ou case.

Whare wananga : école maorie où l’on transmet le savoir traditionnel ; université maorie.

Whenua : terre (ancestrale).

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